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Compte-rendu de séjour au Burkina

 

 

Début mars 2020, Patrick Pinot, membre de l’association Burkina Entraide, s’est rendu au Burkina Faso.

Patrick a passé la plus grande partie du temps à Zabré où il a échangé avec  les représentants locaux et Eric Bansé sur les actions de les projets de l’association. Il a pu voir les bâtiments scolaires dans plusieurs villages de la commune  et rencontrer les enseignants et les élèves.

Il nous raconte son séjour :

 4 mars 2020

Arrivée sur le territoire Burkinabè

8 mars 2020

Arrivée à Zabré à 13h30 avec le bus TSR qui inaugurait la ligne Ouaga-Zabré ; j’étais seul au départ dans le bus qui m’a déposé à Gomboussougou, commune située à 25 km de Zabré, avec mon scooter et mes deux bagages. Pourquoi le terminus à Gomboussougou ? J’apprends que les chauffeurs de minibus appelés Dina ou plus communément Corbillards, avaient menacé de brûler le bus s’il venait jusqu’à Zabré, because la concurrence… !!! À choisir entre Gomboussougou ou finir en brochette de poulet, la première option m’allait très bien… !!!

Eric est venu à ma rencontre pour m’aider à transporter mes bagages.

8 mars, journée de la femme, Zabré était en effervescence, la grande place du village bondée.

Eric me propose pour commencer mon séjour de m’héberger chez lui ; j’ai accepté, une chambre était déjà libérée, je m’installe donc.

Une petite virée au Nazinon (rivière passant non loin de Zabré) dans l’espoir de voir quelques pachydermes, et au retour une visite chez les Peuls pour clore cette première journée.

9 mars 2020

Eric avait pris rendez-vous avec un chasseur, nous passons la journée en brousse, là j’ai eu l’occasion de faire quelques photos de la faune et de la flore.

10 mars 2020

Nous nous sommes levés très tôt après une nuit à la belle étoile, bien éclairée par une lune bien lumineuse. Eric et moi sommes très attirés par la nature et sa faune, alors nous sommes retournés en brousse ou nous avons pu filmer un groupe de 4 éléphants.

Sur notre retour, une visite de courtoisie à un chef Peul que nous connaissons bien nous a valu un beau coq en gratification. Une bonne soupe en perspective… !! Nous lui suggérons de revenir un soir avec tous les ingrédients nécessaires pour cuisiner et manger ensemble, il est ravi.

Repas de midi et sieste à Zabré avant de rendre visite à la classe de CM2 à BÉKA. Nous visitons le potager attenant aux bâtiments scolaires, bien verdoyant ; il est cependant difficile de le faire entretenir par les élèves me disent les enseignants.

De retour à Zabré nous rendons visite à Thérèse, pas de chance elle est à Ouagadougou. Je laisse le courrier avec l’argent destiné à la maman d’un enfant parrainé. Dans la foulée nous lui rendons visite, elle est présente et nous rassure sur son état de santé qui s’améliore de jours en jours. Thérèse se chargera de lui remettre l’enveloppe à son retour.

Il fait nuit, nous prenons notre repas dans un maquis avec le chef de DOUN, et un oncle à Eric. Nous mangeons tous bonnes carpes très bien cuisinées.

Retour maison pour une nuit à la belle étoile.

11 mars 2020

Réveil 6h, petit déjeuner et organisation des jours qui suivent.

Nous commençons la journée par une visite aux inspecteurs d’académie des 2 Circonscriptions d’Enseignement de Base, Zabré 1 et Zabré 2. En leur absence, des conseillers pédagogiques nous reçoivent.

Zabré 1 compte 44 écoles pour 12500 élèves.

Parmi les 44 écoles, certaines sont construites, d’autres attendent leur normalisation, c’est-à-dire la construction d’un deuxième bâtiment permettant d’accueillir les 6 niveaux scolaires, les trois restantes sont sous paillotes.

Exemple d’une école équipée en tables-bancs :

Une classe dispose de 3 tables bancs, une autre 4 tables bancs et la troisième de 9 table- bancs, soit 16 tables-bancs pour 96 élèves. Le ratio est de 6 élèves par table-banc, ce qui oblige une partie de la classe à s’assoir sur le sol, pas toujours en bon état et poussiéreux.

À 10h30 nous rendons visite à Monsieur le Maire. Il est absent ; son premier adjoint nous reçoit. D’emblée je formule des doléances concernant le manque cruel de tables-bancs.

Zabré 2 compte 42 écoles pour 9000 élèves.

Deux villages sont toujours sans école, ZAKARÉ et GOUGOU-SAMANDI.
Parmi les 42 écoles, 2 sont sous paillotes, SANGOU-KIRKOU et GASSOUGOU-YATAO.

Il y a manifestement la aussi un énorme déficit de tables-bancs, pour exemple 2117 tables-bancs pour 9000 élèves soit un ratio de 5 élèves par table-banc. Sans compter tous les dossiers manquants, les plateaux amovibles par manque de fixations et les ossatures tordues et trop souvent dessoudées, la matière employée n’est pas de bonne qualité.

Nous constatons qu’un certain nombre d’élèves redoublent leur CM2 ou cessent la fréquentation scolaire par manque de places au collège. Alors une question peut se poser, faut-il construire uniquement des écoles primaires, ou bien faut -il assurer la continuité de la scolarité en construisant, Primaire, Collège et Lycée afin de permettre d’éviter cet entonnoir ??? L’équation n’est pas simple à résoudre, nous le savons bien, il faudrait tout à la fois.

12 mars 2020

Lever 6h30, petit déjeuner à la maison.

Nous répartissons les habits et fournitures scolaires que j’ai amené pour les trois orphelins que je parraine. Nous partons les rencontrer dans leur école à DOUN, DOUN KOGA et ZABRÉ.

Paul Toubga enseigne à DOUN, nous le saluons et j’invite tous les enseignants à prendre le repas de midi ensemble. Nous nous retrouvons une dizaine au village voisin, YOUNGOU dans une auberge ou nous prenons un excellent repas, le directeur de DOUN-KOGA nous a rejoint également.

D’une manière générale, bon nombre d’enfants ne rentrent pas chez eux à midi faute d’un repas préparé à la maison, alors ils traînent en brousse à la recherche de mangues, pas mûres à cette époque, et n’ont pas l’énergie suffisante pour retourner en classe l’après-midi.

À noter aussi que les effectifs de DOUN-KOGA sont très importants puisqu’ils sont proches de GOUROUGOU-SAMANDI, village dépourvu d’école.

J’évoque souvent la question de la démographie qui galope toujours, pour des raisons d’ordre culturel, traditionnel ou religieux.   Si une élève de collège ou de lycée se retrouve enceinte, sa scolarité est interrompue.

13 mars 2020

Nous visitons BÉKA A et BÉKA B ainsi qu’une école coranique ; pour cette dernière le constat est sans appel, tous les élèves sont assis par terre.

Un séjour au Burkina Faso

Ensuite, un instituteur de BÉKA nous invite à déjeuner chez lui, puis nous nous reposons.

14 mars 2020

Nous partons à TOREM à 7 km de PÔ, chez Apékira Gomgimbou chez qui nous avons construit une ferme avec des élèves du collège François Legros, il y a 20 ans.
J’avais prévu de m’absenter plusieurs jours, car lors de mon précédent séjour en décembre 2019, j’avais demandé à mes amis Peuls s’ils acceptaient que je vienne vivre avec eux dans leur campement. Ils avaient accepté en m’accordant l’autorisation de filmer et de prendre des photos de leur vie au quotidien.
Malheureusement, les proportions que prenaient les problèmes sanitaires avec la Covid 19 s’amplifiaient. J’ai dû prendre la décision de rentrer en France. Je craignais de manquer de médicaments pour mon cœur dans le cas où les déplacements aériens entre continents auraient été interrompus. L’histoire s’arrête là.

Au retour nous nous sommes arrêtés à Tiébélé, deuxième village du Nahouri ou nous avons créé un atelier de menuiserie. Cet atelier a d’ailleurs  contribué à la fabrication de tables bancs pour l’école de BANGOU en 2001 ou 2 je crois, commandés et financés par Burkina Entraide. Là j’ai présenté AWÉ, un excellent ami, à Eric. Il ne nous a pas laissé repartir sans que nous n’ayons mangé un poulet grillé qu’il venait de tuer et de nous préparer.

Retour vers Zabré à la tombée de la nuit.

Le lendemain, Eric m’a accompagné à Ouaga, nous avons pris un bus de la compagnie Dina.

J’ai passé un excellent séjour en famille chez Eric, les nuits à la belle étoile ont été très agréables. Nous avons passé d’excellents moments de discussion et de bon temps.

Le lavage des mains étant de rigueur en ces temps de coronavirus, j’ai fait amener l’eau dans la cour et dans la douche. C’est un confort que nous ne savons plus trop apprécier en France… !!!

Ce séjour a été bien trop court évidemment. Mais à la prochaine fois… !!!

Patrick

 

Pour soutenir les actions de l’association

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